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Articles

Affichage des articles du avril, 2011

Bellanger ne sera pas victime du capitalisme sauvage

Le 12 avril dernier, Axa Private Equity – actionnaire majoritaire de Skyrock avec 70% des parts – annonçait le déparquement de Pierre Bellanger, PDG et fondateur de la radio (et détenteur des 30% restants), sur la base de ses résultats médiocres qui, selon Dominique Senequier (président d’Axa Private Equity), ne justifient pas ses Eur 620k de rémunération annuelle. Peu importe les raisons qui ont poussé la société de capital-risque à vouloir priver Bellanger de son rôle exécutif, c’est la loi du genre : Skyrock est une société privée et n’a, à ce titre, pas d’autre raison d’être que de rémunérer ses actionnaires. Si le fondateur voulait un jouet, il ne fallait pas proposer à des investisseurs de rentrer au capital.

Ce qui est vraiment intéressant dans cette affaire, c’est qu’apprenant la décision de son actionnaire majoritaire, Bellanger s’est barricadé dans son bureau et a fait l’objet d’une campagne de soutient tout à fait inédite : le personnel de la radio – et notamment ses animat…

Achetez un bison, sauvez une espèce

D’après les meilleures estimations dont nous disposions, la population de bisons en Amérique du nord est passée de quelques 25 ou 30 millions de têtes au XVIème siècle à quelque chose comme 10 à 15 millions aux alentours de 1865. Les études menées sur ce sujet concluent que ce dépeuplement est principalement lié à la généralisation de l’agriculture à l’est du Mississipi qui a privé les bisons de leurs habitat naturel et a repoussé les troupeaux dans les « grandes plaines » et à la construction de la ligne de chemin de fer de la Union Pacific (dans les années 1860) qui a intensifié la chasse alimentaire [1] mais aussi permit d’établir un commerce de viande de bison à l’échelle continentale. Mais l’abattage massif des troupeaux n’a réellement commencé qu’aux lendemains de la guerre civile américaine : sur une période d’une quinzaine d’années – probablement de 1875 à 1890 -, la chasse aux grands bovidés va s’intensifier à un tel rythme qu’à la fin du XIXème siècle, on n’en dénombre moins…

Prime exceptionnelle aujourd’hui, chômage demain

Sensible aux difficultés financières de nos concitoyens mais surtout à l’approche des échéances électorales de 2012, notre bon gouvernement s’apprête à enfanter un nouveau bricolage de circonstance qui hésite entre incompétence et démagogie pour « relancer le pouvoir d’achat des français ». Evoquée le 13 avril par François Baroin, l’usine à gaz gouvernementale consiste cette fois à obliger les entreprises qui paient des dividendes à leurs actionnaires à verser une prime exceptionnelle à leurs salariés. Dans un communiqué de Matigon du 20 avril, on a apprit que cette lubie devrait être soumise à l’approbation du Parlement d’ici l’été et qu’elle devrait instaurer l’obligation de négocier ladite prime dans les entreprises de cinquante salariés et plus qui versent des dividendes en augmentation.

Le caractère démagogique de cette nouvelle manifestation du syndrome de prolifération législative n’aura échappé à personne puisqu’on le dénonce jusque dans les rangs de la CGT. Il va de soit que …

Ce modèle que le monde nous envie

L’interdit qui visait la liberté associative et notamment les sociétés d’entraide sous l’ancien régime ne disparaît pas avec la révolution puisque dès 1791, le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier proscrivent les corporations et les organisations ouvrières interdisant par la même occasion les systèmes d’entraide et autres mutuelles. Mais nous sommes alors au début de la révolution industrielle en France et les promesses de conditions de vie meilleures attirant les populations des campagnes vers les centres urbains constituent progressivement ce que l’on appellera plus tard la « classe ouvrière ». Ces concentrations humaines inédites et le sentiment d’une communauté de destin pousse rapidement les ouvriers à passer outre l’interdit et à constituer des « sociétés de secours mutuels » qui, dès les années 1830 s’imposeront progressivement face aux organisations philanthropiques et malgré la concurrence du compagnonnage. Elles finiront d’ailleurs par être reconnues – mais strictement rè…

Sowell sur les écarts de salaires hommes/femmes

L’excellent Thomas Sowell fidèle à lui-même :



Via Pour une école libre au Québec ; voir aussi l’article de l’ami h16 sur le même sujet.

L’économie de marché est éco-compatible

Dans le livre III du Capital, Karl Marx décrit pourquoi le capitaliste est « un fanatique de l'économie des moyens de production » et comment il cherche par tous les moyens à perfectionner ses méthodes de travail de manière à ce qu’elles consomment le moins possible de ressources rares et organise de lui-même le recyclage des déchets afin d’éviter les gaspillages. C’est ainsi, selon Marx, que le capitaliste satisfait « son besoin d'économiser les éléments de production » [1]. Economiser les ressources et recycler les déchets : je ne sais pas pour vous mais ça ressemble à de l’écologie pur sucre. Ce que Karl Marx himself nous explique c’est donc que la recherche du profit devrait pousser les industriels à se comporter de manière éco-responsable.

Evidemment, je ne devrais pas avoir trop de mal à illustrer l’idée selon laquelle les entreprises privées sont naturellement incitées à économiser les ressources – produire beaucoup avec peu ; c’est le b.a.-ba de la recherche de profits…

Taxes et incitations

Don Boudreaux marque encore un point. En substance : les mêmes personnes qui nient l’idée selon laquelle augmenter les taxes sur les activités créatrices de richesse risque d’avoir un effet négatif sur la création de richesse sont les premières à vouloir taxer les activités jugées mauvaises pour notre santé afin de nous en détourner.

Par exemple, comment peut-on penser qu’une augmentation de l’impôt sur les sociétés n’aura pas d’impact sur la motivation des entrepreneurs tout en affirmant qu’une augmentation des taxes sur le tabac permettra de réduire sa consommation ?

Via Café Hayek

Prohibition de la prostitution : la pire des solutions

Vous en avez peut-être entendu parler, une mission d’information de l’Assemblée Nationale présidée par madame Danielle Bousquet (PS), planche depuis l’été dernier sur le thème épineux de la prostitution. Auditionnée le 30 mars 2011 dans ce cadre, Roselyne Bachelot s’était déclarée favorable à la création d'un délit sanctionnant le recours à la prostitution précisant que « cette pénalisation aurait pour but avant tout de faire comprendre aux hommes qu'avoir recours à la prostitution, c'est entretenir la traite des êtres humain ». La mission parlementaire a présenté son rapport mercredi 13 avril et, sans surprise, la position de notre ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale [1] a bien été reprise : il y est question de s’inspirer du modèle suédois qui prévoit une amende et une peine de prison de six mois pour les clients de ces dames.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais juste rebondir brièvement sur cette idée de notre ministre selon laquelle l’objet…

L’immigration devrait être une chance pour la France

La vie est un long apprentissage. Pendant longtemps, j’ai pensé – sans jamais vraiment chercher à le vérifier – qu’une immigration importante ne pouvait avoir qu’un effet négatif sur le salaire et le taux d’emploi des habitants d’un pays. Après tout, c’est le principe de l’offre et de la demande : si l’offre de travail augmente à demande constante les salaires doivent s’ajuster à la baisse et si les salaires ne peuvent s’ajuster (à cause d’un salaire minimum légal par exemple), un afflux d’immigrants devrait créer du chômage. Eh bien j’avais tort.

Les immigrés ne volent pas nos emplois

Il y a eut, ces dernières années, un regain d’intérêt remarquable pour les études économiques sur l’impact de l’immigration sur le marché du travail des pays accueillants. C’est un phénomène classique : en période de crise, les premiers accusés sont les immigrés qui viennent « voler nos emplois » et cette idée est d’autant plus facile à vendre – politiquement parlant – qu’elle a la couleur, le goût et l’…

Déficit de la balance commerciale chinoise

Pour la première fois depuis 7 ans, la Chine affiche une balance commerciale déficitaire au premier trimestre 2011. Au cours de ces trois premiers mois de l’année, l’empire du milieu a importé pour $ 1.02 milliards de plus que ce qu’il n’a exporté. Ce chiffre ne s’explique pas par une baisse des exportations mais par une hausse particulièrement spectaculaire des importations qui atteignent un record historique de $400.7 milliards, soit une hausse de 32.6% par rapport au premier trimestre 2010.

Ces chiffres traduisent en partie la hausse des cours des matières premières comme le pétrole ou le minerai de fer mais aussi l’augmentation du pouvoir d’achat de la classe moyenne chinoise qui consomme de plus en plus volontiers des produits importés d’occident. La plupart des analystes s’accordent sur l’idée selon laquelle ces évolutions obligeront Pékin à laisser le Yuan s’apprécier dans les mois à venir.

Il va sans dire que, pour nous, ce n’est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle ; c’est j…

Homogénéité et politique monétaire

S’il y a une critique de l’eurosystème qui semble aujourd’hui largement partagée par les économistes d’à peu près toutes les écoles c’est qu’une politique monétaire commune entre l’Allemagne et l’Irlande est forcément inadaptée à au moins l’un des deux. La raison en est très simple : considérer la croissance et l’inflation de la zone Euro, c’est mesurer une moyenne qui cache, en réalité, de fortes disparités d’un pays à l’autre – la zone Euro n’est pas une région économique homogène.

Mais considérez ceci : qu’est ce qui nous pousse à croire que la France ou l’Italie sont des régions économiques homogènes ? Si nous devions revenir au Franc, devrions-nous mettre en place à même politique monétaire pour l’Île-de-France et la Creuse ? Si l’Italie devait quitter la zone Euro, devrait-elle fixer les mêmes taux d’intérêts pour le Mezzogiorno et la Lombardie ? Si nous avions une politique monétaire spécifique à la région PACA, serait-elle adaptée à la fois à Toulon et à Aix-en-Provence ?

Où l…

Incertitude politique

“Companies don’t like uncertainty, and if they start seeing that suddenly we may have a shutdown of our government, that could halt momentum right when we need to build it up — all because of politics”

C’est de Barack Obama ! Maintenant que ce principe semble intégré – les entreprises anticipent les conditions économiques futures – comment devraient-elles s’adapter à une hausse de 27% du budget fédéral en 3 ans et à une augmentation de 161% de la base monétaire ?

Via Cafe Hayek

Légalisez-le !

Une fois passée la surprise du titre – « nationalisons le cannabis ! » – et celle de lire Jérôme Leroy défendre avec tant de véhémence une proposition typiquement libérale, il ne me reste plus qu’une chose à dire : je suis tout à fait d’accord, il faut légaliser le commerce du cannabis. C’est donc une réponse en forme de soutient inconditionnel au texte (pas au titre) de l’article de Jérôme que je vous propose en y ajoutant quelques arguments qui sauront, je l’espère, nourrir la réflexion de tout un chacun sur l’épineux sujet de la légalisation des drogues douces.

Il convient, quand on aborde ce thème hautement conflictuel, de poser deux principes. L’argument premier de ceux qui s’opposent à la dépénalisation consiste en général à affirmer que « la drogue, c’est mauvais pour la santé ». Soyons tout à fait clair sur ce sujet : ils ont entièrement raison et il n’est pas question ici de remettre en cause cet état de fait qui ne fait d’ailleurs pas vraiment débat. Je ne suis pas un spécia…

Il n’y a pas eu de « crise des subprimes »

A la fin du troisième trimestre 2007, les mortgages subprimes représentaient 13.1% du marché contre 77.6% pour les mortgages primes et 9.3% pour les mortgages accordés par la FHA et la VA [1][2]. Les fameux subprimes ne représentaient donc, malgré leur très forte croissance, qu’une fraction marginale du marché des mortgages. En revanche, une des particularités des marchés anglo-saxons en général et du marché américain en particulier est l’usage de crédits immobiliers à taux révisables (adjustable-rate mortgages, ARMs). Au troisième trimestre 2007, plus d’un mortgage sur cinq était ainsi indexé sur un indice de marché comme le taux des bons du trésor à 1 an, un taux Libor ou le « 11th District COFI » [2]. Or, par construction, le taux de ces indices est directement lié à celui des Fed Funds et donc à la politique monétaire de la Fed.Du 11 décembre 2001 au 10 novembre 2004 (soit pendant 3 ans), la Fed va maintenir le taux des Fed Funds en deçà de 2%. Pendant une année entière (du 25 jui…

Prolifération législative

« Dix mille règlementations détruisent tout respect pour la loi »
-- Winston Churchill Dans son rapport annuel 2010, le Médiateur de la République dresse un portrait particulièrement dur de l’état de nos lois et des relations qu’entretiennent nos concitoyens avec elles. L’empilement législatif a atteint un tel degré que ni les Français, ni leurs administrations ne connaissent les lois qui sont supposées les gouverner. Nouveaux textes, circulaires, décrets, jurisprudence, arrêtés qui contredisent la loi : notre système juridique est devenu à ce point opaque et instable que l’application des lois en devient aléatoire – entre excès de zèle, excès de lenteur, application mécanique et déshumanisée des procédures quand les décisions prises par l’administration ne sont tout simplement pas en contradiction avec les textes en vigueur. Ce système qui était supposé nous protéger en couvrant nos vies privées d’un étroit maillage de réglementations fait désormais régner en France ce que le médiat…

La valeur des choses

Au début d’un de ses cours, un professeur d’économie distribue à chacun de ses étudiants un panier de dix sucreries – réglisse, bonbon à la menthe, fraise tagada… - de telle sorte que chaque élève dispose exactement du même assortiment et leur demande d’évaluer la valeur de leurs dotations. Les étudiants s’exécutent et inscrivent leurs évaluations sur un morceau de papier que le professeur récupère afin de calculer la richesse globale de cette microéconomie expérimentale. Cette première étape terminée, le professeur invite ses élèves à échanger librement leurs bonbons de telle sorte que celui qui n’aime pas la réglisse puisse l’échanger contre une sucrerie plus à son goût ou que l’amateur de fraises tagada puisse en récupérer le plus possible. Les étudiants se prêtent au jeu et chacun cherche à adapter sa dotation à son goût personnel. Lorsque tous ont regagné leurs places, le professeur leur demande d’évaluer leurs nouveaux paniers, d’inscrire le résultat sur une feuille puis, comme …

Pente de la courbe et récessions

« La courbe des taux – précisément l’écart entre le taux d’intérêt des bons du trésor [US] à dix ans et le taux des T-bills à trois mois – est un outil de prévision utile. Il est simple d’utilisation et surpasse significativement les autres indicateurs macroéconomiques et financiers pour anticiper les récessions deux à six trimestres à l’avance »

C’est l’accroche d’un papier publié d’Arturo Estrella et Frederic S. Mishkin en juin 1996 sur le site de la Fed de New York ! Comment est-il seulement possible que la Federal Reserve publie ce genre de papier sans réaliser que la pente de la courbe c'est eux qui la créent ?

Mon graphique préféré, remis à jour à fin mars 2011 (NB: j'utilise le taux des Fed Funds à la place du taux des T-bills 3 mois).

Fermez la BCE*

(*) Mais n’en profitez pas pour rouvrir la Banque de France !

La Bank of England fut créée en 1694 par le roi William III afin de garantir « certaines récompenses et avantages […] aux personnes qui avanceraient volontairement la somme de 1.5 millions de livres afin de mener à bien la guerre contre la France » [1]. Dès sa fondation, la banque fut ainsi le bras armé des finances royales et, au cours des siècles qui suivirent, perpétua cette tradition en échange de nouveaux privilèges. En 1844, le Bank Charter Act accorde ainsi à la Bank of England le monopole de l’émission de billets de banque faisant d’elle, deux ans avant notre Banque de France, la première banque centrale moderne. L’histoire de ces institutions qui nous semblent si naturelles à défaut de nous être familières est ainsi intrinsèquement liée aux besoins de financement de nos gouvernants.

Pour qu’un système de banque centrale fonctionne, vous avez besoin de deux dispositifs légaux. Le premier accorde le monopole d’émissi…

Ça n’a même pas commencé…

Sur la base des données de la Fed. En bleue clair, les réserves obligatoires des banques auprès de la Fed ; en bleue foncé, les réserves effectives ; en rouge la base monétaire (M0) et en violet, M1.Depuis le 31 août 2008, la base monétaire est passée de $848.3 milliards à $2 210.8 milliards – soit une augmentation de $1 362.5 milliards (+161%). La quasi-totalité de cette injection monétaire - $1 217.8 milliards (89% de la croissance de M0) – est aujourd’hui détenue par les banques sous forme de réserves auprès de la Fed. Sur la période, M1 n’augmente que de $454.8 milliards (+32%) et M2 de $1 105.7 milliards (+14%).En d’autres termes, l’usage massif de la planche à billet n’a servit - à ce jour – qu’à reconstituer les réserves de banques et l’expansion du crédit n’a pour ainsi dire pas encore commencé.Si la base monétaire reste en l’état et si les banques reviennent à un niveau de réserve de 10%, M2 passerait de $8 871 milliards à… $22 107.8 milliards (x 2.5).

La mère de toutes les crises

Comment la politique monétaire a-t’elle créé les conditions de la crise et l’a déclenchée. Aux lendemains immédiats de l’explosion de ce que l’histoire retiendra sous le nom de « bulle internet », la banque centrale américaine a fait baisser les taux du marché interbancaire à des niveaux historiquement bas. L’objectif d’une telle politique consiste à inciter les banques – qui peuvent désormais emprunter à moindre coût entre elles – à baisser le taux des crédits qu’elles accordent à l’économie de manière à ce que les entreprises et les particuliers soient à leur tour encouragés à s’endetter pour investir et, c’est la finalité, relancer l’activité économique. C’est ce qu’on appelle une « politique monétaire accommodante » et c’est ce que la Fed a fait de 2001 à 2004 en maintenant le taux des Fed Funds en deçà de 2%. Répétons le point précédent pour qu’il soit bien clair. La Federal Reserve a mis en place une politique dont l’objectif explicite et tout ce qu’il y a de plus officiel et d…