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Articles

Affichage des articles du mars, 2012

Un pays dans le déni

Un article de The Economist (A country in denial, le 31 mars 2012); traduction de votre serviteur.« Visitez la zone euro et vous serez revigoré par des rafales de réforme. Le plan « sauvons l'Italie » a suffisamment bien fonctionné pour que Mario Monti, le Premier Ministre, déclare, quoique prématurément, que la crise de l'euro était presque terminée. En Espagne, le gouvernement de Mariano Rajoy s’est attaqué au marché du travail et est sur le point de dévoiler un budget serré (voir l'article). Malgré leurs problèmes, les Grecs savent que les dépenses en roue-libre et l’évasion fiscale sont finies. Mais un pays doit encore faire face à ses circonstances nouvelles.« La France est entrée dans les trois dernières semaines de sa campagne présidentielle. Le classement du premier tour, le 22 avril, demeure très incertain mais les sondages créditent François Hollande, le challenger socialiste, d’une victoire au second tour. En effet, lors des élections intervenues depuis que la c…

Culture et détente

Cher Monsieur Dubouchon [1],Ainsi donc, vous appelez Lacordaire à la rescousse en me rappelant qu’« entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. »Au risque de vous surprendre et de vous déplaire encore un peu plus : vous n’êtes pas le premier. Cette citation du Révérend-Père, voilà des années que tout ce que la toile compte d’antilibéraux primaires nous la sert, dans sa forme longue, dans sa forme abrégée ou dans une forme plus ou moins modifiée selon les circonstances. À titre personnel, elle m’a été jetée au visage par des communistes hilares, par des socialistes révolutionnaires, par des sociaux-démocrates inquiets, par des conservateurs en un seul mot, par des souverainistes indignés, par des nationaux-socialistes hésitants et même par un catholique décroissant.Je ne sais pas vraiment où vous classer dans cet inventaire – nous nous connaissons si peu – mais vous m’avez suffisam…

Au bord du précipice

De nombreux observateurs s’étonnent de ce que, malgré le fait que la Federal Reserve américaine et notre BCE aient injecté des montagnes de dollars et d’euros dans nos économies, l’inflation reste modérée à 3-4% aux États-Unis et à 2-3% en France.Un bref rappel des faits s’impose : au 21 mars 2012 le total du bilan de la Fed, par exemple, atteignait 2 895 millions de dollars contre 924 milliards au 10 septembre 2008 ; soit une multiplication par 3,13 (+213%) en 3 ans et demi. Autrement dit, la banque centrale des États-Unis a émis trois fois plus de dollars au cours des 42 derniers mois qu’elle n’en avait émis entre sa création en 1913 et la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Par quel miracle, donc, ne subissons-nous pas une hyperinflation digne d’un Robert Mugabe [1] ?Il s’en trouve, bien sûr, qui s’imaginent naïvement que les planificateurs monétaires ont enfin découvert la pierre philosophale – où comment user et abuser de la planche à billet sans impacter la valeur de …

Le dernier message de Malesherbes

J’ai beaucoup dit, ici et ailleurs, l’immense admiration que je nourris pour Turgot, homme aux qualités morales et intellectuelles incontestables dont je tiens qu’il fut un des premiers véritables précurseurs de l’école autrichienne d’économie. Mais on ne peut raconter Turgot sans citer son ami, son compagnon de route et son alter ego : Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, dit Malesherbes.Turgot et Malesherbes ont formé un duo, probablement un des plus remarquables de l’histoire de France, qui fut largement salué et soutenus, par tout ce que Paris comptait d’esprits éclairés. Ils étaient les candidats des Lumières, ceux dont tous espéraient les plus grandes réalisations, les seuls qui auraient pu nous éviter le bain de sang révolutionnaire. « Jamais, non jamais, écrivait Julie de Lespinasse [1] dès l’annonce de leur nomination, deux hommes plus vertueux, plus désintéressés, plus actifs, n’ont été réunis et animés plus fortement d’un intérêt plus grand et plus élevé. » Turgo…

Franscico d’Aconia sur l’argent

« Ainsi vous pensez que l’argent est la source de tous les maux ? » dit Francisco d’Aconia. « Vous êtes-vous déjà demandé quelle est la source de l’argent ? L’argent est un moyen d’échange qui ne peut exister à moins qu’il n’y ait des biens produits et des hommes capables de les produire. L’argent est la forme matérielle du principe selon lequel les hommes qui souhaitent passer des accords entre eux doivent le faire au travers de l’échange et donner valeur pour valeur. L’argent n’est pas l’outil des quémandeurs, qui réclament votre production par les larmes, ou des pillards, qui le prennent par la force. L’argent n’est rendu possible que par les hommes qui produisent. Est-ce cela que vous considérez comme le mal ?« Quand vous acceptez de l’argent en paiement de vos efforts, vous ne le faites que parce que vous êtes convaincu que vous l’échangerez contre le produit de l’effort des autres. Ce ne sont pas les quémandeurs ou les pillards qui donnent sa valeur à l’argent. Un océan de larme…

L’indécente fortune de Sir Thomas Lipton

Londres, 1897. Alors que les célébrations du jubilé de diamant de la Reine Victoria battent leur plein, un don anonyme de 25 000 livres sterling est versé au profit du fonds créé par la Princesse de Gales pour aider les pauvres de la capitale de l’empire suivit, peu après, d’un second versement du même montant qui vient participer à la lutte contre la famine en Inde. Ces deux dons étaient anonymes mais leurs montants ne laissaient que peu de doute sur l’origine de cet argent : le donateur ne pouvait être autre que Thomas Lipton.Évidemment, encore faut-il savoir ce que représentaient 50 000 livres de l’ère victorienne ; peut-être ce chiffre sera t’il plus parlant en rappelant qu’à l’époque, le revenu annuel des sujets de sa majesté atteignait environ 69 livres. Autrement dit, 50 000 livres s’était, aux standards de cette fin du XIXème siècle, de quoi faire vivre décemment plus de 700 familles anglaises pendant une année entière ou l’équivalent d’un don de plus de 17 millions des livres…

Politique Kulturelle

Le retour de la vengeance du commissaire du peuple à l'instruction publique...Si j’en crois le portrait que nous brosse Monsieur Déniel, une bonne partie de l’industrie cinématographique française produit des films qui peinent manifestement à remplir les salles obscures alors même que la fréquentation globale desdites salles se porte mieux que jamais. Je n’ai aucune raison de remettre en cause la véracité des faits mais il me semble, en revanche, utile de m’appesantir quelques instants sur leur interprétation.Ne prenons pas de pincettes : si ces « grands et beaux films ne rencontrent pas leur public », c’est principalement parce que ce public n’existe pas ; ou si peu. Nous parlons de films qui, pour le peuple vulgaire dont j’ai l’honneur de faire partie, sont en général classés dans la catégorie des « pensums pour intellos, emmerdants comme la pluie, à réserver aux troisièmes parties de soirée sur Arte ». Très clairement : si l’on exclue Monsieur Déniel et quelques spécialistes, l…