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Articles

Affichage des articles du avril, 2013

La confiture d’orange et le grand marché

Un ami (qui se reconnaitra) s’est lancé dans une petite aventure entrepreneuriale : il va produire et essayer de vendre de la confiture artisanale. Il a quelques recettes – dont une, en particulier, à base d’oranges – qui, de l’avis de tous, sont excellentes ; il a le savoir-faire et, last but not least, il a envie de se lancer.Selon ses calculs [1], il devra faire face à 1 000 euros de coûts fixes par an auxquels se rajouteront 3 euros de coûts variables par pot produit et expédié chez ses clients. De ces estimations, il déduit assez facilement que pour gagner 24 000 euros par an avant impôts et autres prélèvements obligatoires, il devra vendre 5 000 pots à 8 euros.Naturellement, il obtiendrait le même résultat en vendant 2 000 pots à 15,5 euros seulement voilà, même si son produit est un produit haut-de-gamme qu’il destine à une clientèle plutôt aisée, le fait est que vous ne pouvez pas espérer vendre un pot de confiture d’orange à n’importe quel prix. En gros, vous pouvez estimer q…

De la liberté des échanges

Au début du cours, le professeur distribue à ses étudiants un panier standardisé de sucreries – par exemple, chacun reçoit trois fraises tagada, deux arlequins, un rouleau de réglisse, un œuf au chocolat et quatre pastilles à la menthe. Ce faisant, il procède donc à une allocation parfaitement égalitaire.Lorsque la distribution est finie, le professeur demande à chacun de ces étudiants d’évaluer, en euros, la somme qu’ils seraient prêt à payer pour acquérir un panier identique et d’inscrire leurs estimations sur un morceau de papier. Les étudiants s’exécutent ; le professeur récupère leurs évaluations et en fait la somme.Mais voilà que le professeur invite ses étudiants à échanger leurs sucreries comme bon leur semble de telle sorte que l’amateur de réglisse et celui qui n’aime pas la menthe puissent adapter leurs dotations respectives à leur goût. Encore une fois, les étudiants jouent le jeu, le professeur leur demande d’évaluer leurs nouveaux paniers, récupère ces nouvelles évaluati…

L’île

La première des priorités, c’est de trouver de l’eau potable ou quelque chose qui puisse en tenir lieu. Parce que vous avez fait des études, vous savez qu’un être humain ne peut pas espérer survivre plus de deux semaines sans boire mais aussi, qu’après trois jours, il sera trop faible pour se réhydrater par ses propres moyens. Lorsque vous et vos compagnons êtes arrivés sur l’île, c’est la première chose que vous avez cherché et c’est le principal critère qui a influé sur le choix du lieu où vous avez établit votre campement. Ce n’est qu’après avoir trouvé une source que vous êtes passés à la suite de la liste : de la nourriture, un abri, du feu…Quand toute la complexité de nos économies modernes et le confort qu’elles nous procurent a disparu, les choses deviennent plus claires. Dès les premières heures sur l’île, vous avez été amenés à reconsidérer complètement ce que vous considériez jusqu’alors comme des richesses. Si ce billet de 50 euros qui était resté dans votre poche vous a é…

Valeur-temps de l’euro chypriote

« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » dit le proverbe. On sait depuis les scholastiques de l’école de Salamanque – et notamment Martín d’Azpilcueta (1492-1586) – qu’un euro dans notre poche a plus de valeur qu’un euro disponible dans un an. C’est-à-dire qu’en tant qu’êtres humains, nous avons une préférence temporelle pour la jouissance immédiate de notre pouvoir d'achat : c’est la valeur-temps de l’argent, un des principes fondamentaux de la finance.Ces derniers temps, le phénomène prend un tour assez inattendu : si vous êtes chypriote et que votre argent est bloqué, il semble qu’un certain nombre d’intermédiaires (des courtiers et des fonds d’investissement spécialisés) soient prêts à vous racheter le solde de votre compte avec une décote. En substance, si vous avez 10 000 euros bloqués sur un compte à la Bank of Cyprus et que vous avez besoin d’argent, ils vous rachètent le solde de votre compte pour – par exemple – 8 000 euros.Via Tyler Cowen.

L’art de l’imposition

Mme Fleur Pellerin, soutenue pour l’occasion par nos fournisseurs d’accès à Internet, semble avoir trouvé un moyen de taxer Google, Amazon et Apple : il s’agit, selon le peu d’information dont nous disposons à ce jour, de fiscaliser la bande passante consommée par les acteurs d’Internet ; une méthode, me souffle-t-on, connue sous le nom de peering payant. Ce n’est pas que les occasions aient manqué ces derniers temps mais je saisie cette perche tendue pour faire un petit point sur quelques notions élémentaires de fiscalité.Commençons par une mise au point : les entreprises, qu’elles soient françaises ou pas, ne payent pas d’impôt. En dernière analyse, les taxes et autres prélèvements obligatoires sont toujours payés par des personnes physiques. L’Impôt sur les Sociétés (IS), par exemple [1], n’est pas supposé peser sur les sociétés mais sur leurs actionnaires : c’est une taxe assise sur le résultat net avant impôt – c’est-à-dire les profits des actionnaires – qui vient réduire, en fon…

Paix et prospérité

(version alternative et améliorée de ce papier.)Le drame des coréens du nord c’est qu’aucun des deux blocs politiquement actifs dans la région n’a vraiment intérêt à bousculer le statu quo. À Pékin, on le sait, on souhaite avant tout éviter la réunification de la péninsule coréenne qui offrirait un pied-à-terre aux États-Unis avec vue imprenable sur les frontières chinoises mais on prend garde de pas menacer Séoul qui se trouve être sous la protection du plus gros client de la boutique ; à Washington, bien sûr, on se débarrasseraient volontiers de la dynastie des Kim mais ce serait au prix d’un conflit plus ou moins ouvert avec l’Empire du Milieu qui se trouve être leur usine et l’un de leurs principaux créanciers.Naturellement, c’est terrible pour les coréens qui ont eu la malchance de naître au nord de la DMZ mais notez bien ceci : ce que cette situation illustre parfaitement, c’est que rien n’en moins probable qu’un conflit armé entre les États-Unis d’Amérique et la Chine. S’il y a…

Le doux commerce et ses ennemis

(Addendum : je vous propose une autre version de ce papier).Le drame des coréens du nord c’est qu’aucun des deux blocs politiquement actifs dans la région n’a vraiment intérêt à bousculer le statu quo. À Pékin, on le sait, on souhaite avant tout éviter la réunification de la péninsule coréenne qui offrirait un pied-à-terre aux États-Unis avec vue imprenable sur les frontières chinoises mais on prend garde de pas menacer Séoul qui se trouve être sous la protection du plus gros client de la boutique ; à Washington, bien sûr, on se débarrasseraient volontiers de la dynastie des Kim mais ce serait au prix d’un conflit plus ou moins ouvert avec l’Empire du Milieu qui se trouve être leur usine et l’un de leurs principaux créanciers.Naturellement, c’est terrible pour les coréens qui ont eu la malchance de naître au nord de la DMZ mais notez bien ceci : ce que cette situation illustre parfaitement, c’est que rien n’en moins probable qu’un conflit armé entre les États-Unis d’Amérique et la Chi…

Cheval de fer, acte I

La naissance du rail se perd dans la nuit des temps, elle remonte au moment de l’histoire des hommes où le déplacement récurrent de lourdes charges a justifié qu’ils investissent du temps et de l’argent dans l’élaboration d’un système plus économe en énergie. Dès son origine, le rail est une solution technique à un problème économique. Si les méthodes ont évolué au cours des siècles, du Diolkos [1] grec aux première voies ferrées, elles exploitaient toutes les deux mêmes principes : en imposant à leurs chariots une trajectoire prédéterminée, les hommes économisaient l’énergie nécessaire au guidage et en revêtant cette voie d’un matériau dur, ils réduisaient considérablement le frottement des roues.Dès la fin du moyen-âge, des systèmes de wagons montés sur des rails de bois vont se répandre dans les mines européennes ; outre la circulation à l’intérieur des exploitations elles-mêmes, ils ont essentiellement vocation à acheminer les marchandises jusqu’à la voie d’eau navigable la plus p…

Innovation 2030

En juillet 1994, Gérard Théry, ingénieur général des télécommunications que beaucoup considèrent comme le père du Minitel, remet son rapport sur les autoroutes de l’information [1] à Édouard Balladur. Dans l’esprit de cet éminent expert cela ne fait aucun doute : le futur réseau devra s’inspirer de l’architecture centralisée du réseau Teletel et c’est aux pouvoirs publics qu’incombent la lourde responsabilité de planifier son développement et d’inciter les acteurs publics et privés – à commencer par France Télécom – à investir massivement dans cette technologie d’avenir. Quant à Internet, la conclusion de Gérard Théry est sans appel : ses limites, écrit-il, « démontrent ainsi qu’il ne saurait, dans le long terme, constituer à lui tout seul, le réseau d’autoroutes mondial. » C’était en 1994 ; vous connaissez la suite.Lorsque celles et ceux qui ont moins de trente ans aujourd’hui lisent ce monument de colbertisme technocratique, ils commettent en général l’erreur de croire que son auteu…

Austérité à l’européenne

Voici un graphique qui résume les politiques budgétaires des 12 premiers membres de la zone euro de 1981 à 2013 [1] :Les tirets noirs représentent la balance budgétaire consolidée des 12 États en pourcentage du PIB ; la bande grisée correspond aux extrêmes par pays ; la courbe rouge représente le déficit budgétaire structurel de l’État français et, enfin, la droite bleue indique tout simplement l’équilibre budgétaire.Si, dans les éléments de langage modernes, ce type de politiques budgétaires relève de l’austérité ou de la rigueur, alors je ne saurais que réitérer un conseil déjà donné plusieurs fois ici : vendez vos obligations souveraines et n'en rachetez surtout pas.---
[1] Fonds Monétaire International, World Economic Outlook database (MàJ oct 2012) ; les données pour 2013 sont des estimations du FMI.

Bientôt le podium

Et puisque nous y sommes, voici les deux mêmes graphiques pour les revenus publics, toujours en pourcentage du PIB.De 1981 à 2013 :Les estimations du FMI pour 2013 :

Encore un petit effort

Selon les données du FMI [1], l’État français devrait dépenser en 2013 l’équivalent de 56,12% de notre PIB. Le graphique ci-dessous illustre l’évolution de notre dépense publique par rapport à celles de 184 autres pays [2].Les tirets noirs représentent la dépense publique moyenne de l’échantillon ; les bandes grisées correspondent à la moyenne plus ou moins un écart-type ; la courbe rouge indique le niveau de dépense publique de la France et les tirets bleues correspondent à la dépense publiques agrégée de la Suède, de la Norvège et de la Finlande – c’est-à-dire au fameux modèle scandinave [3].En 2013, le classement mondial des États les plus dépensiers (or Cuba et Corée du nord) devrait donc ressembler à ceci :Chaque colonne de codes ISO correspond à une tranche de dépenses publique exprimées en pourcentage du PIB (i.e. [0% : 5%[, puis [5% : 10%[, [10% : 15%[ etc.). Selon le FMI, donc, nous devrions donc nous trouver cette année dans la tranche [55% : 60%[ aux côtés du Danemark, de l…

Productivité et taux d’emploi

Avec E, le nombre de personnes occupant un emploi dans une économie donnée, on peut réécrire le PIB par habitant de la manière suivante [1] :Dans cette équation, p peut être considéré comme un proxy de la productivité du travail des personnes employées ; c’est la quantité de richesse moyenne créée par chaque personne qui travaille ; la résultante de la quantité et de l’efficacité du travail fourni par chacun. Par ailleurs, le rapport de la population employée sur la population totale que nous notons ici e peut être interprété comme un taux d’emploi qui dépend de facteurs démographiques (la proportion d’enfants et de retraités) mais aussi du taux d’emploi de la population active (i.e. conceptuellement : 1 moins le taux de chômage).En utilisant les données du FMI [2], on peut représenter les PIB par habitant (en US$, moyennes de 2009 à 2013) de quelques pays riches pour lesquels les données sont disponibles de la manière suivante :Les bandes grisées correspondent à des quartiles de PIB …

Exception culturelle et taux d’emploi

Depuis 1981, la part des français qui occupent un emploi – c’est-à-dire qui contribuent à la production de richesse de notre économie – est relativement stable autour de 40%. Le maximum a été atteint en 2001 (41,8%) et le minimum en 1994 (39,1%). Les (plus ou moins) 60% restant regroupent les enfants, les retraités et les chômeurs.Un exercice instructif peut consister à comparer notre situation à celles d’autres pays : pour ce faire, j’utilise les statistiques [1] de la World Economic Outlook database (MàJ oct 2012) du Fonds Monétaire International pour la France et les 28 autres pays pour lesquels les données sont disponibles sur l’ensemble de la période [2].Voici les résultats :La courbe bleue représente donc le taux d’emploi [3] de la population française de 1981 à 2013 (les dernières années sont basées sur les estimations du FMI). Les tirets noirs correspondent au taux d’emploi des 28 autres pays (somme des populations employées rapportée à la somme des populations). La courbe bla…

Modèle évolutif K

« In three words I can sum up everything I've learned about life — It goes on. »
-- Robert Lee Frost Nous, homo sapiens, sommes une espèce de la famille des hominidés, une ramification de l’ordre des primates et donc des mammifères placentaires. De toute évidence, nous sommes une espèce particulièrement douée. On a souvent cité ce fameux pouce opposable, notre capacité à coordonner nos actions, notre faculté à échanger et transmettre nos expériences – après tout, peu importe : le fait est que nous sommes, jusqu’à preuve du contraire, l’espèce la plus évoluée de cette planète mais que nous n’en demeurons pas moins une espèce animale.Comme tous les animaux, nous avons développé – sélection, adaptation ou combinaison des deux – un modèle évolutif propre à assurer la survie de notre espèce. En l’occurrence, et pour retenir la classification proposée par MacArthur et Wilson [1], nous sommes la quintessence du modèle évolutif K.Collaboration socialeContrairement à de nombreuses espèces…

Le culte du cargo

Décidée dès février 1942 par l’amiral Ernest King, la campagne des îles Salomon ne vise pas seulement à bloquer l’avancée de la marine impériale japonaise mais aussi à implanter des bases américaines sur les îles des mers du sud en vue d’une contre-attaque. Une des priorités de King, c’est l’archipel des Nouvelles-Hébrides [1] qui commence à être investie le 29 mars lorsque la US Navy couvre littéralement la baie de Mele, à côté de Port-Vila, de vaisseaux de guerre. Mais c’est surtout à partir du mois de mai, alors que la bataille de mer de corail fait rage, que les opérations vont réellement prendre de l’ampleur : une nuée de marines et seebeas [2] vont littéralement faire doubler la population de l’île Espiritu Santo du jour au lendemain.En quelques semaines, ce sont ainsi des milliers de tonnes de matériel qui vont être débarquées, des baraquements et des hôpitaux qui vont être construit et toute la logistique d’approvisionnement de l’US Navy qui va se mettre en place. Pour les nat…

La grande pile de cash

La base monétaire est essentiellement composée de deux éléments : les billets de banques et les comptes créditeurs des banques commerciales auprès de la Fed. En principe, les soldes de ces derniers correspondent aux réserves obligatoires imposées aux banques par la réglementation bancaire. Or, depuis le début de la crise, les banques américaines – et en particulier les filiales américaines de banques étrangères – ont littéralement fait exploser le crédit de ses comptes et maintiennent désormais des réserves excédentaires de près de $1,7T.Le graphique ci-dessous illustre l’ampleur du phénomène : la ligne continue claire correspond à la base monétaire qui explose à partir de septembre 2008 ; la ligne pointillée claire correspond aux réserves obligatoires et aux billets de banque ; l’écart entre ces deux dernières (la zone grisée) correspond aux réserves excédentaires et, enfin, la ligne foncée correspond à M1.On peut observer ce même phénomène à l’actif des banques américaines : alors q…

Ich bin ein Berliner !

Lors du référendum du 20 septembre 1992, 34,4% du corps électoral français se prononçait en faveur de l’adoption du traité de Maastricht contre 33% de « non ». Ce jour-là, nous avons fait une promesse ; nous nous sommes engagés en tant qu’État à respecter un certain nombre de règles budgétaires qui incluait – notamment – un déficit budgétaire inférieur ou égal à 3% du PIB et une dette publique brute inférieure ou égale à 60% du PIB. C’était le Pacte de Stabilité et de Croissance.Que l’initiative de ce pacte soit d’origine teutonne, c’est l’évidence même et nul ne songe à le contester [1] ; mais si les pro- et les anti-Maastricht ont été particulièrement volubiles dès lors qu’il était question de le dénoncer ou de l’encenser, on a rarement entendu quiconque expliquer pourquoi, précisément, nos voisins d’outre-Rhin en avait fait une condition de leur participation à la monnaie unique.Unicité de la politique monétaireToutes choses égales par ailleurs, si l’un des États d’une zone monétai…

La république de Polichinelle

Lorsqu’elle a ouvert sa boutique de fleur il y a quelques années, Mireille ne s’attendait pas à devenir riche mais espérait tout de même – à raison de douze heures par jour, cinq jours sur sept – pouvoir se payer au moins l’équivalent d’un Smic. Dès sa première année d’activité, elle a dû se rendre à l’évidence : le seul moyen d’y parvenir, c’est de faire un maximum de black. C’est en faisant le point avec son expert-comptable qu’elle en a pris conscience. Même en supposant qu’elle parvienne à maintenir son chiffre d’affaires des bons mois (la Toussaint en novembre, la fête des mères en juin…), elle ne pouvait pas espérer se payer plus de 900 euros par mois. L’expert-comptable n’a rien dit ; il a juste suggéré ; c’était suffisant pour que Mireille comprenne ce qui lui restait à faire.Pour l’aspect pratique des choses, ça n’a pas été compliqué : il a suffi de demander à Olivier, le coiffeur d’à côté. Ça fait maintenant plus de vingt ans qu’il ne vit que grâce à cette part souterraine d…

Concours d’agressivité

Un des lieux communs qui circule actuellement dans la presse voudrait que la Federal Reserve se soit montrée beaucoup plus proactive que la Banque centrale européenne dans sa gestion de la crise. C’est, pour le moins, très exagéré. En excluant le cas très spécifique des pays du Club Med et en jugeant du volontarisme des banques centrales par l’effet leur politique monétaire sur le niveau des taux, on pourrait presque considérer qu’aujourd’hui, c’est la politique de la BCE qui est la plus agressive. Démonstration :D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, la cible opérationnelle normale de la banque centrale, c’est le taux moyen du marché interbancaire : pour comparer des effets des politiques monétaires de la Federal Reserve et de la Banque centrale européenne, on devrait donc comparer le taux des Fed Funds à celui de l’Eonia (et non pas le taux des Main refinancing operations a.k.a. refi qui est actuellement à 0,75%). Graphiquement :Par ailleurs, depuis le début de la crise, nos ba…

À quoi Kim 3 joue-t-il ?

Il n’aura échappé à personne que Kim Jong-un, le cher leader nord-coréen et troisième représentant de sa lignée dynastique, fait preuve d’une agressivité redoublée ces derniers temps et n’hésite pas à aller jusqu’à menacer les États-Unis d’Amérique de faire usage de son armement nucléaire.S’il est un point qui fait l’unanimité parmi les spécialistes, c’est qu’une attaque nord-coréenne serait un suicide pur et simple. Je n’ai, à ce jour, pas trouvé un seul commentateur qui parvienne à imaginer le bénéfice que pourraient tirer Kim Jong-un et sa junte d’une telle initiative. D’où l’adjectif le plus souvent associé aux menaces de Pyongyang : « irrationnelles ».On ne peut, bien sûr, pas complètement écarter l’hypothèse de la folie mais le rasoir d’Ockham nous recommande plutôt de chercher dans la direction d’un objectif tout à fait rationnel :Le chantage : Kim Jong-un menace de mettre la région à feu et à sang et de précipiter la chute de son propre régime pour obtenir de l’aide (de la Chi…

Coming out

Le moment est venu de dire adieu à Georges Kaplan qui, comme vous vous en doutiez certainement, n’est qu’un nom de plume – version francisée du George Kaplan (alias Roger Thornhill) joué par Cary Grant dans l’excellent North By Northwest d’Alfred Hitchcock.Fini la schizophrénie, donc : la page prévue à cet effet a été mise à jour.(Note à l’attention de ceux qui me font l’honneur de republier mes papiers : merci de répercuter sur vos sites respectifs.)