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Articles

Affichage des articles du novembre, 2013

La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf

Lorsque Jean de la Fontaine publie son recueil de fables en 1668, voici à quoi ressemblait La Grenoüille qui &#383e veut faire au&#383&#383i gro&#383&#383e que le Bœuf :Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy &#383embla de belle taille.
Elle qui n’e&#383toit pas gro&#383&#383e en tout comme un œuf,
Envieu&#383e s’e&#383tend, & s’enfle & &#383e travaille,
Pour égaler l’animal en gro&#383&#383eur ;
Di&#383ant, Regardez bien, ma &#383œur,
E&#383t-ce a&#383&#383ez ? dites-moy : N’y &#383uis-je point encore ?
Nenny. M’y voicy donc ? Point du tout. M’y voila ?
Vous n’en approchez point. La chetive pecore
S’enfla &#383i bien qu’elle creva.Un peu moins d'un siècle plus tard, dans une édition de 1755, la conjugaison du verbe voir s'affirme, des i remplacent certains y et les accents commencent à se mettre en place (n'e&#383toit → n'étoit ; s'e&#383tend → s'étend) :Une grenoui…

Réformer le français

« Sire,
« En se tems eureus de la pæs, &#383uxédée à tous les Fransois, qomme miraquleuzement, & du tout qontre l’aparense, par les éroiqes vertus, du Monarqe de l’univers, auqel n’æt çoze difisile.
« Voiant qe votre Majé&#383té, se déleqtoit de jour en jour, non &#383eulement à déqorer, Paris, de nouveaus ëdifises : &#383i éxélens, & aqomplis, qis font qe tous seus q'on tenoit, pour les merveilles de se monde ? ne &#383ont qe petis qous dé&#383é, & q'euvres de meins aprentises, entant qe qomparez à eus. Més au&#383&#383i a i varier, reformer, & renouveler, tout se qe votre Majésté, voit n'ætre réduit au parfet. »Vous venez de subir un court extrait de l’épître adressée à Henri IV par Robert Poisson en introduction de son Alfabet nouveau de la vrée, & pure ortografe Fransoize, & Modèle &#383us-iselui, en forme de Dixionére.Nous sommes en 1609, le moyen français, qui s’impose petit à petit comme la langue officiell…

Warren Buffet et Bill Miller : chance, talent ou autre chose ?

Warren Buffet est-il un génie ou a-t-il une chance de tous les diables ?Juste pour illustrer le phénomène : de 1964 – date à laquelle Buffet a pris le contrôle de Berkshire Hathaway [1] – à la fin de l’année 2012, les fonds propres par action de la firme d’Omaha ont progressé de 19,7% en rythme annuel ; soit 10,3% de mieux que l’indice S&P 500 (dividendes inclus) par an. En pratique, cela signifie que si vous aviez investi un dollar dans l’indice S&P 500 et systématiquement réinvesti les dividendes tout au long des 48 années suivantes, vous auriez aujourd’hui 75 dollars ; mais si vous aviez placé votre dollar dans Berkshire Hathaway en 1964, vous auriez 5 869 dollars [2].Très clairement, les résultats de Warren Buffet sont exceptionnels. Ils sont exceptionnels de par leur amplitude mais aussi de par leur régularité : en 48 ans d’activité, il a gagné de l’argent 46 fois (contre 37 fois pour l’indice S&P 500) et il a battu le marché 39 fois – c’est-à-dire dans plus de 80% de…