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Articles

Affichage des articles du février, 2016

L’effroyable succès de la PAC

Sur le site de l’Insee :« Un des objectifs de la politique agricole commune lors de sa mise en place en 1957 était d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole. Les mesures de soutien au revenu agricole mises en œuvre progressivement ont fortement évolué en cinquante ans. D’une logique de soutien par les prix, on est passé à un soutien direct du revenu, de plus en plus indépendant des choix et des niveaux de production. Pour l’ensemble des exploitations professionnelles, la part des subventions, en moyenne triennale, dans le résultat courant avant impôts était de 18% en 1991, époque où l’essentiel du soutien européen était encore assuré par les prix. Après la mise en place de la réforme de 1993 qui visait à stabiliser le niveau du soutien global en France et en Europe au niveau macroéconomique, cette part était de 58% en 1995 avant de passer à 81% en 2001 puis à 97% en 2005 [...] »Je viens de vérifier dans le dernier rapport annuel de l’Agreste, la part des subvention…

ZIRP et rente

Arthur Charpentier vient de publier un papier sur l’impact des taux d’intérêt négatifs sur la valeur des rentes. Juste pour bien fixer les idées, je vous propose un calcul un peu plus simple : quelle est la valeur d’une rente annuelle de 1 euro versée pendant 30 ans avec une signature AAA ?En utilisant les courbes spot (zéro coupon) publiées par la BCE, le calcul est extrêmement simple à faire. Avec $k_t$ le taux spot sur $t$ années (NB : ce sont des taux composés en continu), la valeur ($V_0$) d’une telle rente est de : $$ V_0 = \sum_{t=1}^{30} e^{-tk_t} $$ En utilisant la courbe au 25 février 2016, on obtient une valeur actuelle d’environ 26.837 euros. En utilisant la courbe du 24 février 2006 (il y a dix ans tout juste), la même rente valait 17.921 euros.Voilà, très concrètement, l’impact des politiques de taux zéro (ZIRP) mises en œuvre par nos banques centrales : une explosion de la valeur des rentes (+49.8% dans notre exemple).Notez aussi, comme j’ai déjà eu l’occasion de le s…

En finir avec le brut

Le salaire brut est une fiction. Il n’y a, en matière de rémunération des salariés, que trois choses qui existent : le « superbrut » qui sort de la poche de votre employeur, le net qui arrive dans votre poche à la fin du mois et, au milieu, un ensemble de cotisations obligatoires dont un bon paquet de taxes. Le brut est une fiction parce que la distinction qui est faite sur votre bulletin de paie entre cotisations dites « salariales » et cotisations dites « patronales » n’a absolument aucune forme de réalité. Si vous faites partie de celles et ceux qui croient que les cotisations « salariales » sont payées par les salariés tandis que les cotisations « patronales » sont payées par les patrons, je ne saurais que trop vous inciter à lire cet excellent papier de Julien sur Ecopublix. C’est une fable et aucun économiste, toutes obédiences confondues, n’oserait affirmer le contraire.Partant, la question qui se pose naturellement est de savoir par quelle sorte de miracle cette aberration ex…

Ce ne sont pas les armes qui tuent

Ce ne sont pas les armes à feu qui tuent les gens, ce sont les gens avec des armes à feu. Si cette introduction vous semble relever de la pure rhétorique, je vais vous montrer qu’en réalité, cette subtile distinction sémantique est bien plus importante qu’il n’y parait.Parce qu’en effet, si ce sont les armes à feu qui tuent les gens, ont serait naturellement tenté de compter combien. C’est ce que fait, par exemple, le Law Center to Prevent Gun Violence qui en conclue que, chaque année, les armes à feu tuent 33 000 américains. J’ai vérifié, le chiffre est exact : sur la période 2010-14, les 5 dernières années pour lesquels les données sont disponibles [1], on dénombre effectivement 164 821 américains tués par des armes à feu soit, effectivement, environ 33 000 par an.Ceci étant posé, appliquons maintenant la petite distinction sémantique que je vous proposais en introduction et demandons-nous qui sont ces homos-sapiens qui ont utilisé des armes à feu pour tuer leurs semblables. Eh bien…

La loi du prix unique

« The market economy needs no apologists and propagandists. It can apply to itself the words of Sir Christopher Wren’s epitaph in St. Paul’s Cathedral:
Si monumentum requiris, circumspice. »
— Ludwid von Mises, Human Action
Dans le monde des cash-flows certains ou présumés tels, la loi du prix unique (Law of One Price, LOP) règne en maîtresse absolue. La loi stipule qu’en l’absence de restrictions exogènes, un même actif doit se négocier au même prix sur tous les marchés où l’on peut le vendre ou l’acheter.Mon illustration favorite, c’est l’action HSBC Holdings Plc ; laquelle se trouve cotée à Londres, Paris, Francfort, New-York et, naturellement, Hong Kong. À Londres et à l’heure où j’écris ces lignes, le 17 février 2016 à 15h00, heure de Paris, elle cote [1] aux alentours de 4.5275 livres sterling (en réalité elle cote en pences ; peu importe) tandis qu’à Paris comme à Francfort, on se l’échange pour 5.82 euros ; soit un rapport d’environ 1.2847 qui correspond exactement au cours de …

Entropie maximale

Concrètement, l’organisation de la lutte anti-terroriste en France, c’est une usine à gaz qui ne peut pas fonctionner. Peu importe la qualité des gens que vous y mettrez et peu importent les milliards que vous y engouffrerez, ce genre de structure est voué à l’échec.Entendez moi bien, je l’ai dit et je le redis encore : je ne connais rien à l’anti-terrorisme. Je ne suis, au mieux, qu’un citoyen lambda qui s’intéresse à la chose depuis une grosse année et, comme je n’y connais rien, mon réflexe standard consiste à essayer de combler autant de lacunes que possible en lisant ce qu’en racontent des gens qui, eux et de toute évidence, savent de quoi ils parlent.En l’espèce, le jugement péremptoire que je porte en introduction, c’est – entre autres -- celui d’Abou Djaffar (a.k.a. Jacques Raillane) : notre système de lutte anti-terroriste est une collection d’administrations « lourdes, centralisées, à peine gérées » qui non seulement sont incapable de travailler de concert mais, pire encore,…

Marche aléatoire

Jules Regnault, courtier, désespérait de prédire les cours de la bourse. En l’espèce, c’est la rente française 3% – obligation d’Etat émise en 1859 pour financer la guerre d’Italie – qui occupe les pensées de cet agent de change et par ailleurs éminent probabiliste : il a beau essayer, rien n’y fait, cette fichue rente monte et baisse sans qu’il soit humainement possible d’en prévoir le prochain mouvement.En 1863, il publie son Calcul des Chances et Philosophie de la Bourse, unique ouvrage connu de sa plume dans lequel il introduit dans la plus grande discrétion de qui va devenir le fondement de la manière dont nous concevons les marchés financiers depuis : la très fameuse et pourtant si incomprise marche aléatoire.Le fait est que nous ne voyons pas le futur. Cette fameuse valeur intrinsèque dont se prévalent si volontiers ceux qui ne connaissent de l’économie que ce qu’ils en perçoivent depuis leur tour d’ivoire n’est jamais que la somme d’une série de flux financiers hypothétiques a…