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Articles

Affichage des articles du février, 2017

Logement social de luxe

Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris en charge du logement depuis avril 2014 annonçait ce 27 février qu’il s’apprêtait à inaugurer de nouveaux logements sociaux situés avenue du Coq, dans le 9ème arrondissement de Paris.L’élu communiste ayant eu l’excellente idée de joindre quelques photos, ce tweet a piqué ma curiosité : je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler les logements sociaux de la capitale.Je vous laisse découvrir ça :Je ne sais pas ce que vous en pensez mais, de mon point de vue, c’est plutôt pas trop mal. On est quand même dans un bel immeuble haussmannien en pierre de taille, les parties communes relèvent clairement de la prestation haut-de-gamme et les logements eux-mêmes, manifestement refaits à neuf, n’ont pas grand-chose à voir avec l’idée que je me faisais d’un logement social.Clairement, je crois que cette série de photo aurait été tout à fait à sa place dans la vitrine d’une agence immobilière de luxe.Mais ça n’est pas fini. Il se trouve que l…

La dévaluation, cette infamie.

Au-delà des théories économiques — auxquelles, malheureusement, la plupart de nos concitoyens ne comprennent rien — je voudrais rapidement vous raconter l’histoire du franc depuis la fin de la seconde guerre mondiale.Notre histoire commence le 21 juin 1948, date à laquelle le deutschemark (DEM) rejoint le système de Bretton Woods avec une parité d’un dollar pour DEM 3.33. À ce moment-là, le franc (FRF) qui fait déjà partie du système a déjà été dévalué une fois [1] face au dollar américain (USD) et il faut désormais compter 2.1439 francs [2] pour un dollar. Ce qui fait que le 21 juin 1948, le franc vaut 1.5532 deutschemarks.18 octobre 1948, le franc est de nouveau dévalué de 18.6% : il faut désormais compter 2.6352 francs pour acquérir un dollar. Comme le deutschemarks reste stable, le franc vaut maintenant 1.2637 deutschemarks.27 avril 1949, le franc est dévalué pour la troisième fois mais cette fois-ci d’un modeste 3% : le dollar américain vaut maintenant 2.7221 francs et, le deutsc…

Dévaluation et dépréciation

Je réalise un peu tard que les partisans d’une dévaluation avec retour en franc (le FN) ou sans (le FdG), usent et abusent d’un sophisme destiné à minorer les effets inflationnistes d’une dévaluation (du franc ou de l’euro).L’argument, en substance, consiste à nous expliquer que la hausse des prix sera circonscrite aux produits importés et donc, que ceux qui, comme moi, s’opposent à ce type de politique surestiment l’effet inflationniste de la dévaluation.C’est une mauvaise farce.Ce que les partisans de la planche à billet omettent de dire (ou de comprendre), c’est qu’une dévaluation et une dépréciation sont deux phénomènes tout à fait différents. Dans les deux cas, le coût réel des importations augmente mécaniquement et ou peut s’attendre, dans une situation de pleine utilisation des capacités de production, à une inflation par les coûts — typiquement, en situation de plein emploi (on en est loin), le surcroît d’exportations créé une hausse des salaires.Dont acte. C’est effectivement…

De la dévaluation

50 000 bolivarsOn appelle dévaluation l’opération qui consiste à faire baisser la valeur de votre monnaie par rapport à une ou plusieurs autres. Dans le cas qui nous occupe, le programme du Front National, l’idée est d’abandonner l’euro, de le remplacer par un nouveau franc à raison d’un franc pour un euro puis, de dévaluer le franc de telle sorte que, par exemple, le franc ne vaudra plus un euro mais 80 centimes d’euros.D’une façon générale, une dévaluation revient toujours à faire baisser la valeur d’une monnaie ou à reconnaître officiellement que son cours actuel, fixé arbitrairement ou administré, ne reflète plus la réalité du marché. C’est très important : mêmes les régimes les plus autoritaires ne peuvent pas s’absoudre de la réalité du marché pour la bonne et simple raison que, s’ils contrôlent leur population, ils ne contrôlent pas le monde entier. Concrètement, un État français autoritaire peut imposer aux français d’acheter le dollar à un certain prix mais ne peut pas impose…

Abandonner l'euro, mais pour quoi faire ?

La vraie question n’est pas de savoir s’il faut ou non abandonner l’euro mais plutôt par quoi, dans l’hypothèse d’une sortie, nous entendons le remplacer.Si le plan consiste, comme le veut le Front National, à revenir aux errements monétaires de la IVème République, planche à billet et dévaluations successives, alors il vaut mieux — et de loin — garder l’euro. C’est, de mon point de vue, la principale vertu de cette monnaie unique : elle prive nos gouvernements de l’usage de l’arme fiscale absolue et les oblige à légiférer de façon relativement transparente pour nous imposer.Si, en revanche, la réintroduction du franc se fait dans l’esprit gaullien des années 1960 — un franc stable, géré rigoureusement et un véritable plan de réforme de notre économie et de nos finances publiques — alors, le débat et tout à fait différent. Les unions monétaires sans union politique ne tiennent jamais bien longtemps et nous avons tous pu constater la valeur des promesses faites il y a 20 ans [1] : quit…

L’hypothèse d’un Frexit

Exercice de style : que se passerait-il si, le Front National étant au pouvoir, ils étaient en capacité de mettre en œuvre leur mesure emblématique sur le plan économique : le Frexit ?Avant d’entrer dans le cœur du sujet, je rappelle ici qu’il ne suffirait pas d’une élection de Marine le Pen le 7 mai prochain. Je n’ai pas la prétention d’être un expert en la matière mais je ne crois pas possible d’engager la France sur ce chemin sans disposer d’une solide majorité parlementaire et du gouvernement qui va avec. Autrement dit, tout ce qui suit relève — pour le moment — de la perspective purement hypothétique.Outre la sortie de l'Union Européenne stricto sensu qui relève plus de la politique que d'autre chose, l'aspect économique du plan peut résumer en trois grands points:Abandon de l’euro et instauration d’un nouveau franc à raison d’un franc pour un euro ;Redénomination de la dette publique de droit français (i.e. environ 80% du total) en franc ;Mise sous tutelle politique …

La dévaluation compétitive pour les nuls

Prenez le cas d’une entreprise française qui exporte, par exemple, du vin aux États-Unis à 10 euros la bouteille et supposez que l’euro (ci-après EUR) vaut exactement un dollar US (ci-après USD). Dans ces conditions, chaque bouteille coûte 10 USD aux acheteurs américains.Supposez maintenant que l’euro soit dévalué de 20% face au dollar. C’est-à-dire que maintenant, l’euro ne vaut plus 1 USD mais 0.8 USD. Du point de vue de notre entreprise française, rien n’a changé puisqu’elle continue à vendre ses bouteilles pour 10 EUR mais, pour ces acheteurs américains, ça signifie qu’ils n’ont plus que 8 USD à débourser pour acquérir une bouteille.C’est l’idée des dévaluations compétitives : dans notre exemple, la bouteille de vin française devient plus compétitive du simple fait de la dévaluation de l’euro et donc, espèrent ceux qui prônent ce type de politiques, on en vendra plus.Mais pourquoi diable ne fait-on pas ça ?La première raison, c’est que ce type de stratégie ne fonctionne évidemment…